Thurgau: château Burglen (auf deutsch)

Das Schloss in 1767 Herrliberger

Burglen

Bürglen par Isenring en 1835 (graphica-antiqua.ch)

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Autres vues aériennes de Burglen

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Le château de Bürglen, une demeure de belle apparence, renferme encore quelques éléments haut-médiévaux, notamment le donjon, qui a vu le jour au début du XIIIe siècle. Les premiers renseignements sûrs que nous possédions sur les seigneurs de Bürglen remontent eux aussi à cette époque lointaine. Un plan carré de plus de huit mètres de côté et des murs d'une épaisseur moyenne de 2,3 mètres caractérisent cette tour. Le revêtement de ses murs consiste en un appareil de moellons en bossage aux arêtes équarries, un appareil qui rappelle celui des ouvrages d'Arbon, de Castel et de Gottlieben. Quant au parement intérieur, il est fait, comme à Frauenfeld, de pierres de grès équarries de moyenne grosseur. L'entrée actuelle en plein cintre pratiquée au niveau du sol est tardive. La porte haute initiale, transformée aujourd'hui en fenêtre, se trouvait dans la face ouest du premier étage. Faute de pierres rustiquées, elle était elle aussi en plein cintre, comme la plupart des portes surélevées des tours d'habitation féodales. On voit encore dans l'intrados les opes dans lesquels venaient se loger les épars. Le rez-de-chaussée et le premier étage sont couverts de voûtes en berceau, tandis que la voûte du deuxième étage, plane et sans nervures, repose dans les angles sur des consoles nues. Elle n'a dû être ajoutée qu'en 1587, date à laquelle fut également aménagée une entrée du côté sud. L'étage supérieur, éclairé par des meurtrières, le comble et le pignon à redents ont été construits après l'incendie de 1633. Comme à Frauenfeld, Mammertshofen et Blatten, l'étage supérieur initial devait être saillant et en bois.

L'enceinte date de la même époque que le donjon; à l'origine, ces deux ouvrages n'étaient pas reliés l'un à l'autre. Du côté nord, celui de la bourgade, comme du côté sud, où s'étendait la terrasse, l'enceinte était précédée d'un profond fossé. Le donjon se dresse à l'angle nord-est de la cour allongée formée par l'enceinte. II est probable qu'initialement, des annexes en bois servant de logis aux domestiques et des communs aient été greffés sur le mur d'enceinte. L'ouvrage de Bürglen est du même type que ceux de Lenzbourg, Hohenklingen et Kybourg, tandis qu'à d'autres endroits, à Frauenfeld, Heitnau et Liebenfels par exemple, les bâtiments d'habitation et les annexes sont accolés au donjon.

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Un second mur défendait le fossé méridional. Partant de l'ouest, il épousait tout d'abord la ligne de la terrasse, tournait ensuite vers le nord, puis longeait la prolongation du fossé est. Il couvrait ainsi une cour de plan presque triangulaire, dont l'angle sud était occupé par un sanctuaire. Aujourd'hui, c'est à peine si l'on distingue encore les traces de l'un ou l'autre de ces dispositifs de fortification. La plus ancienne construction de pierre - un corps de logis - ayant occupé le petit enclos du château devait se trouver au sud du donjon; elle datait vraisemblablement des environs de 1300. Ce bâtiment semble avoir été agrandi par deux fois pour atteindre finalement l'angle sud-est de l'enceinte. Quelques bâtisses doivent avoir été érigées aux XIVe et XVe siècles le long du mur méridional. L'existence de ces diverses constructions semble être confirmée par les documents, puisque dès le milieu du XIVe siècle, ils précisent que deux lignées habitaient le château, celle des von Bürglen et celle des von Hohensax. A l'ouest du couloir actuel, il devait encore y avoir une boulangerie et sans doute quelques bâtisses de bois.

L'entrée primitive se trouvait au nord et pouvait être contrôlée du donjon. Ce n'est probablement qu'après l'édification des remparts de la ville et celle de l'église qu'on aménagea une entrée du côté sud, ce qui rendit le château indépendant des portes de la ville et créa un accès direct à l'église.

En 1633, un incendie détruisit d'importantes parties du château, notamment l'aile orientale. Les travaux de réfection furent entrepris la même année encore; ils s'achevèrent quatre ans plus tard. C'est au cours de ces travaux qu'on ajouta un escalier en colimaçon logé dans une tourelle. Par la suite, on se contenta d'effectuer les petits travaux de réparation nécessaires; ce n'est qu'au XVIIIe siècle qu'on procéda à des remaniements plus importants. Ainsi, l'aile méridionale du bâtiment de l'ouest fut surélevée en 1758. L'exhaussement de la tourelle d'escalier et son toit à bulbe datent de la même époque. Des transformations plus marquantes encore furent entreprises à partir de 1874: les fossés furent comblés, des portes et des fenêtres furent percées dans les murs du château, les murs d'enceinte furent démolis et plus d'une salle fut désaffectée. Ce n'est qu'en 1950, après la construction d'un nouveau collège, qu'il fut possible de redonner dans une large mesure au château son caractère initia!.

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L'ouvrage de Bürglen servit dès le début de siège aux seigneurs du même nom. Les documents nous apprennent en effet que la famille des Bürg!en y séjourna de 1176 à 1407. Il est probable qu'elle n'ait tout d'abord disposé que d'un château en bois, car selon sa maçonnerie, le donjon qui nous est resté doit dater du commencement du XIIIe siècle seulement. Les Bürglen étaient fonctionnaires de l'évêque de Constance, mais leur demeure se dressait sur un franc-alleu. Ils devaient jouir d'une brillante position, sinon on ne s'expliquerait pas pourquoi un des leurs, Berthold, se trouvait en 1214 à la cour de Frédéric II à Hagenau (Alsace) et en 1216 à Ulm. A l'encontre de ce que firent de nombreuses familles de la noblesse de Suisse orientale au XIIIe siècle, les sires de Bürglen ne cherchèrent pas à se rattacher aux nouveaux maîtres du pays, les Habsbourg. Au contraire, lorsque Rodolphe de Habsbourg désigna en la personne de Conrad de Gundelfingen un «anti-abbé», ils prirent le parti de l'abbé régulièrement élu, Guillaume de Montfort, ce qui leur valut bien des ennuis. Eberhard IV servit l'empereur Henri VII de Luxembourg et participa à ses côtés à la campagne d'Italie. Pour le remercier de ses loyaux services, l'empereur lui céda le bailliage autrichien de la Thurgovie et de Zurich.

A la suite d'un mariage conclu vers le milieu du XIVe siècle, la moitié du château de Bürglen passa aux mains des Hohensax. Originaire du Misox, cette puissante dynastie s'était établie au XIIIe siècle dans la vallée du Rhin, où, peu à peu, elle s'était constitué une importante seigneurie foncière. Après l'entrée des Hohensax et de leur entourage au château de Bürglen, celui-ci dut être considérablement agrandi. Cette cohabitation semble d'ailleurs avoir engendré tôt déjà des heurts et la paix ne revint qu'après la conclusion d'une trêve, en 1385. Pendant les guerres d'Appenzell, Bürglen fut assiégé par les Saint-Gallois et les «montagnards». Si le château résista, la bourgade, elle, fut réduite en cendres. A l'extinction de la lignée des Bürglen, en 1408 - son dernier représentant, le chevalier Albert, avait sans doute vécu les terribles journées de l'assaut saintgallois - sa part échut par voie de succession à la famille des Klingenberg. En 1443, Albert de Klingenberg aliéna une partie du château au conseiller Marquart Brisacher, un citoyen de Constance. C'est là un exemple de plus de l'appauvrissement de la noblesse et du renforcement de la bourgeoisie, une évolution qui avait pris naissance vers le milieu du XIIIe siècle et, depuis, n'avait cessé de se développer. Brisacher ne réussit pas à s'entendre avec les Hohensax et après quatre ans, il leur vendit sa part pour la somme de 8500 florins. En 1550, le château passa aux Landenberg d'Altenklingen et en 1597 à la ville de Saint-Gall. Pendant la période qui suivit, il connut un véritable apogée. Les dégâts causés par l'incendie de 1663 furent réparés en peu de temps et peu à peu, la forteresse se transforma en manoir. Après la révolution, cet édifice changea plusieurs fois de mains avant de devenir en 1874 propriété de la commune. Jusque vers le milieu de notre siècle, le château de Bürglen subit bien des outrages, mais finalement, sa valeur fut reconnue et on s'efforce maintenant de lui restituer son vrai caractère.

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Bibliographie

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