Le 9 et 10 avril 1999 à 20h30
Au cœur du mensonge

 


De Claude Chabrol Avec: Sandrine Bonnaire, Jacques Gamblin

Durée: 1h53

Goguenard derrière sa pipe, Claude Chabrol sait mieux que personne, à l'image d'un Simenon, rendre l'atmosphère lourde des petites villes de province, où sous les sourires se cachent jalousie et mensonges. Si "Rien ne va plus" a déçu par un manque cruel de consistance, Chabrol cède heureusement cette fois-ci, dans la belle et froide lumière de la Bretagne, à son péché favori: introduire le drame dans une petite communauté sans histoire, comme on secouerait un arbre pour en faire tomber les fruits pourris.

Dans un village, une fillette est retrouvée morte. René (J. Gamblin), peintre et prof de dessin est le dernier à l'avoir vue vivante. La police l'interroge à plusieurs reprise, et il n'en faut pas plus pour que le rumeur fasse de lui un coupable tout désigné. Viviane, sa femme (S. Bonnaire), tente de dédramatiser, mais quand un écrivain à succès, enfant du pays, passe lui aussi l'arme à gauche après une courte aventure avec Viviane, l'étau se resserre sur René...

Révélé par "Pédale douce", Jacques Gamblin est un des comédiens français les plus intéressants du moment. Tout en intériorité, il évoque subtilement le désarroi d'un homme perdu. Sandrine Bonnaire compose un beau portrait de femme en quête de bonheur, alors qu'Antoine de Caunes, l'enfant du rock, vraiment épatant en écrivain imbu de lui-même, séducteur suffisant, acquiert après quelques choix discutables, une vraie carrure d'acteur...Un bon cru Chabrol, un peu acide, comme il se doit.

Le conseil de la semaine pour briller en société:

Jacques Gamblin est également un écrivain. Il a publié "Le toucher de la hanche" (éd. Le Dilettante), un essai salué par le distingué François Nourissier. Joli!

 

Nicolas Kissling


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