Le château de Habsbourg (en français)

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Herrliberger (18e siècle)

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Vues aériennes de Habsbourg


Le sommet du Wülpelsberg qui, dominant la vallée de l'Aar, s'étend entre Wildegg et Brugg, est dominé par le château de Habsbourg. Cette forteresse porte le nom de la puissante lignée qui a marqué de son empreinte la naissance de la Confédération. La famille des Habsbourg semble s'être établie en Argovie au Xe siècle déjà. C'est vers 1020 que Radbot et son frère Werner, évêque de Strasbourg, construisirent la forteresse de Habsbourg, premier siège de la future famille impériale. La maison habsbourgeoise fonda à cette même époque son couvent d'Ottmarsheim en Alsace et celui de Muri en Argovie.

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Il n'est pas possible de se faire une idée exacte de l'aspect qu'eut le château au XIe siècle. Son imposant donjon est considéré comme la partie la plus vieille du complexe architectural actuel. Sa transformation en un ouvrage défensif de pierre n'a sans doute pas eu lieu avant la fin du Xle siècle et le donjon n'a probablement été érigé que vers l'an 1200. Constitué de deux éléments séparés par un profond fossé, le château primitif occupait tout le sommet de la colline. La partie orientale, protégée par ses propres douves, fut démolie au XVIle siècle déjà.

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Des fouilles archéologiques entreprises en 1980 par le Service archéologique du canton d'Argovie dans le secteur est de la colline, aplani entre-temps, ont permis de faire de remarquables découvertes: plusieurs bâtiments de pierre datant de la fin du XIe siècle s'élevaient jadis sur le plateau et une tour carrée a dû y être érigée au XlIe siècle. Au cours du Xllle siècle, la partie orientale fut peu à peu abandonnée. Un puits avait été creusé au nord de l'ouvrage. C'est au XIIIe siècle que fut accolé à l'angle est du donjon construit vers 1200 le corps de logis de plan rectangulaire. Au nord de celui-ci se trouvaient une cour enceinte d'un mur et une petite tour. Des travaux d'aplanissement ultérieurs ont malheureusement causé de graves dommages dans la zone du fossé qui séparait les deux éléments du double château. Un mur d'enceinte construit en contrebas, sur le flanc de la colline, clôturait toute la forteresse. On voit encore quelques vestiges de cette enceinte au nord-ouest de la tour.

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Arrivée au sommet du donjon

Dans son plan, le donjon décrit à peu près un carré de dix mètres de côté. Son appareil régulier est fait de gros moellons. L'épaisseur des murs, elle, atteint quelque deux mètres. La porte surélevée primitive se trouvait à 7,5 mètres de hauteur. L'entrée pratiquée au niveau du sol ne date que de la fin du XIXe siècle. Au cours des siècles, le corps de logis - il comprend trois étages - a subi plus d'un remaniement. La façade ouest marquée par un oriel de jet et les parties inférieures des façades sud et est datent encore du Moyen Age, tandis que le haut de celles-ci remonte à l'époque bernoise. Le pignon à redans a vu le jour au XIXe siècle. Les salles de l'habitation ont conservé plusieurs éléments architecturaux en bois, tels que plafonds gothiques, lambris et portes, posés lors des travaux de restauration de 1559.

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Le château de Habsbourg est cité pour la première fois dans un document de 1108. Alors que ce texte parle encore du «Havichsberch» (Habichsberg), les écrits ultérieurs emploient presque toujours le terme de «Habsburg». Si ce nom est devenu le patronyme de la puissante lignée que l'on sait, c'est parce que vers 1100, la noblesse prit l'habitude d'adopter le nom de ses châteaux. Devenus l'une des familles les plus influentes d'Europe, les Habsbourg n'accordèrent, dès le XIIIe siècle, plus beaucoup d'importance à leur siège patrimonial, qui n'était guère conçu comme résidence. Tôt déjà, ils y installèrent des ministériaux. Jusqu'au XIlle siècle, la célèbre dynastie parvint à élargir grandement ses possessions. Ainsi, Otton Il acquit en 1108, après la campagne menée par l'empereur Henri V contre les Hongrois, divers biens et droits en Argovie et en Alsace. Son petit-fils Albert III, nommé le Riche, réussit à accaparer une part importante des biens laissés par les Lenzbourg. Partisan des Hohenstaufen et du roi Barberousse, il acquit des droits de comté dans le district de Zurich et en Argovie. Pendant l'interrègne, l'époque chaotique qui suivit la mort de Frédéric III, la maison habsbourgeoise s'appliqua à consolider un peu partout sa position et à gagner plus d'indépendance. Lorsque son patrimoine fut partagé, en 1232-1234, entre ses branches aînée et cadette, le château de Habsbourg et les villes de Meienberg, Bremgarten et Brougg, le district ancestral et le comté argovien revinrent à l'aîné, Albert IV.

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Rodolphe le Taciturne, fondateur de la ligne cadette, obtint la propriété sise en Suisse centrale, avec la forteresse de Neu-Habsbourg, le château et la ville de Laufenbourg, de même que plusieurs autres biens et seigneuries. En 1282, les Habsbourg furent autorisés à porter le titre de «ducs d'Autriche». Jusqu'à une époque récente, des membres de leur famille ont appartenu à la maison impériale autrichienne. Albert IV, qui avait épousé une sœur du comte Hartmann de Kybourg, Hedwige, mourut en 1239 ou en 1240 déjà en Terre sainte. Rodolphe IV, le futur roi, eut quant à lui de nombreuses occasions d'agrandir sa seigneurie pendant les luttes qui opposèrent l'empereur au pape, ainsi que pendant l'inter-règne. Grâce à l'habile politique qu'il mena sur le plan confédéré, mais grâce aussi à de subtiles alliances matrimoniales, il réussit à étendre de façon importante les possessions de sa lignée. Le comte Rodolphe semble n'avoir résidé qu'une seule fois au château de Habsbourg. C'est pendant ce séjour qu'il établit, le 5 décembre 1256, le document aux termes duquel il confiait au couvent de Wettingen la prévôté de Thalwil dont venait de se dessaisir Berthold de Schnabelberg. Rodolphe fut élu roi du Saint-Empire romain germanique en 1273. En tant que monarques, ni lui ni son fils Albert ne séjournèrent au château de Habsbourg. Lorsque la famille comtale des Kybourg s'éteignit, Rodolphe, tuteur de l'héritière de la lignée, Anne, mit la main sur la partie ouest des biens-fonds kybourgeois. Puis il réussit à en accaparer le reste. Ne craignant pas de faire usage de ses armes pour se débarrasser de ses ennemis, il vainquit notamment les sires de Regensberg et les comtes de Toggenbourg qui, apparentés aux Kybourg, prétendaient à leur succession. Après être également parvenu à empêcher la maison de Savoie et l'évêché de Bâle d'accroître leur puissance, Rodolphe devint le seigneur territorial le plus puissant d'Europe. Pour pouvoir mieux contrôler son empire, il le divisa en districts administratifs. Sous son règne déjà, on commença dans certaines régions à inscrire dans des terriers et d'autres registres les droits et les biens-fonds appartenant aux Habsbourg. Dans le territoire de l'actuelle Confédération aussi, Rodolphe fut un puissant suzerain, exerçant principalement ses droits de souveraineté les plus importants en Suisse centrale. L'histoire de la naissance de la Confédération suisse est étroitement liiée à sa personne.

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Le château vers 1250

Comme nous l'avons vu, le château de Habsbourg fut tôt déjà inféodé à des ministériaux habsbourgeois. En 1371, les écuyers aliénèrent leur part aux seigneurs de Wohlen qui, vers 1400, devinrent propriétaires de tout le fief. Ils conservèrent la forteresse jusqu'à la conquête du pays argovien par les Confédérés. En 1415, Henmann de Wohlen dut rendre hommage aux Bernois et mettre son château à leur disposition. Justinger, le chroniqueur bernois du XVe siècle, décrit cet épisode dans les termes suivants: «... et lorsqu'on se trouva devant Brougg, ... le château de Habsbourg fut lui aussi pris d'assaut. Henri de Wohlen se rendit, et avec lui le château susnommé, comme l'avaient fait avant lui le seigneur de Liebegg et Jean Rodolphe de Reinach. C'est là ce que disent les textes.» Berne remplaça donc les Habsbourg. Le château, qui devait avoir souffert du siège, fut vraisemblablement remis en état par Henri de Wohlen. En 1420, il passa aux mains des seigneurs de Greifensee, qui le cédèrent en 1457 à la ville de Berne. Cinq ans plus tard, celle-ci le transmettait à Hans Arnold Segesser et en 1469, c'est le couvent de Königsfelden qui devenait propriétaire du château de Habsbourg et de ses terres. A plus d'une reprise, Berne dut exhorter les religieuses de Königsfelden à veiller à l'entretien de la tour. Après la désaffectation du couvent, en 1528, le château revint à nouveau aux Bernois. Ils ne firent faire que peu de réparations au début. Le corps de logis fut remanié en 1559 et doté de plafonds gothiques en bois, de lambris et de portes.

C'est également à cette époque que la toiture fut renouvelée et les façades sud et est transformées. Depuis 1562, le sentier du château passe par le fossé. En 1594, on installa un toit en appentis allant du donjon au mur est. De nouvelles réparations ne furent entreprises qu'en 1628. Puis, en 1695, le donjon jusqu'alors coiffé d'un toit en bâtière fut pourvu d'un toit en appentis incliné vers l'est. Au XVIIIe siècle, le château semble n'avoir plus été qu'une «pauvre demeure de paysans». En 1804, il échut au nouveau canton d'Argovie, qui en 1866 fit construire un étage supplémentaire et une plate-forme crénelée. D'importants travaux de restauration furent de plus entrepris en 1866/67, 1897/98 et entre 1947 et 1949.

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Bibliographie

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