Zurich Château Alt - Landenberg (auf deutsch)

Alt - Landenberg

Nombreux furent les châteaux forts qui pendant plus ou moins longtemps appartinrent aux seigneurs de Landenberg. Mis à part leurs sièges ancestraux de Alt-, Hoch- et Breitenlandenberg, ils séjournèrent aux châteaux de Greifensee, Grüningen, Kybourg, Hegi, Elgg, Alt-Regensberg, Wetzikon, Alt-Wülflingen et Werdegg, pour ne citer que les principaux.
Le berceau de cette lignée se trouve dans le Tösstal, au château d'Alt-Landenberg situé au nord-ouest de Bauma. Ses ruines occupent un prolongement du Ragenhorn, une colline aux pentes passablement escarpées, du moins de trois côtés. Sur le flanc de la montagne, l'accès à cet ouvrage est rendu difficile par un fossé en auge naturel, mais approfondi artificiellement. On a également retrouvé les traces d'un fossé sur la pente occidentale, à quelque 15 mètres au-dessous du sommet de la colline. Le château d'Alt-Landenberg comportait à l'ouest un corps étroit d'environ 25 mètres de long et à l'est une construction plus large, d'environ 30 mètres de long; c'est ici que se trouvait la plupart des logements seigneuriaux. Une entrée avancée avait été aménagée au sud de cette partie; aujourd'hui encore il faut, après avoir traversé le fossé, emprunter ce passage pour pénétrer dans l'aire du château. Une première porte extérieure donnait autrefois accès à une petite lice suivie d'un élément de défense supplémentaire, un fossé déclive pourvu d'un pont-levis. Puis venait une seconde porte s'ouvrant sur un escalier taillé dans le rocher. Là où le sentier, de nos jours, contourne un petit mur plus récent et prend la direction de l'est, se trouvait primitivement l'escalier par lequel on parvenait directement au bâtiment.
Parsemée de pans de mur datant de diverses phases de construction, la place du château offre de nos jours une image quelque peu confuse. D'un premier ouvrage, ayant sans doute déjà occupé lui aussi tout le plateau, seuls ont subsisté quelques rares vestiges de murs, des murs dont l'appareil était fait de petites pierres de grès en partie équarries. Ce matériel de construction fut probablement recueilli sur place. L'accès à ce premier château était situé du côté nord. Le peu d'importance des fondations et la modeste épaisseur des murs nous portent à croire que seules de légères constructions de bois couvertes de bardeaux reposaient sur ces soubassements. Les bardeaux de bois carbonisés retrouvés dans la partie est du fossé pourraient être la preuve d'un incendie. Ce premier ouvrage doit avoir été agrandi vers 1200, date à laquelle fut également érigé le mur d'enceinte; il clôturait certainement la partie ouest de l'aire du château, et probablement même toute la place. Par la même occasion, l'entrée primitive fut remplacée par la porte du sud-est déjà signalée. Le mur se trouvant le plus à l'est, restauré d'après les quelques maigres traces retrouvées, mais de façon quelque peu fantaisiste, date lui aussi de cette époque. Pour ce qui est des habitations d'alors, on peut tout au plus se livrer à des conjectures.
Les vestiges de mur bien visibles permettent en revanche de retracer avec plus de précision les phases de construction qui suivirent, notamment pour ce qui touche au vaste corps de logis, le bâtiment qui occupait presque tout le secteur est de l'ouvrage. Côté montagne, il était protégé par un mur-bouclier de plus de trois mètres d'épaisseur; il est en partie conservé. Le premier des deux murs transversaux suivants divisait le corps du logis, le deuxième formait sa face occidentale. Les socles de pilier conservés portaient les supports du premier étage. Le mur transversal ouest et le puits, d'une profondeur de 14 mètres, n'ont été ajoutés au corps de logis que plus tard. Ce nouveau mur permit la création d'un avant-corps, qui pourrait avoir servi de cage d'escalier. C'est en effet à peu près à cette même époque que le sentier menant au château fut déplacé vers le nord pour arriver à la porte aménagée à l'angle nord-ouest de l'ouvrage. On voit encore dans un jambage conservé le canal de l'épar qui servait à fermer la porte et le bas de la voûte de tuf primitive. Une seconde porte, plus petite, se trouvait un peu plus haut, entre la première et l'angle du mur d'enceinte. De l'entrée principale, le chemin, suivant le mur méridional, conduisait à la porte intérieure, proche de l'avant-corps. Comme ce sentier était assez éloigné de l'enceinte, un mur supplémentaire fut construit à l'intérieur de l'enclos. II est probable qu'à cette époque, la cour occidentale ait été occupée par des communs et par les logis des domestiques. Au cours de fouilles, on n'a pas décelé la moindre trace d'un donjon.
Tel qu'il se présentait après la dernière étape de construction, donc avec une grande entrée, un mur d'enceinte, une cour intérieure, une habitation spacieuse et des communs, le château d'Alt-Landenberg correspondait tout à fait à un ouvrage de la fin du haut Moyen Age. Le fait qu'aucune construction défensive proprement dite datant d'avant 1200 n'ait subsisté n'étonne guère lorsqu'on songe à l'essor des seigneurs de Landenberg. Leur château est sans doute issu d'un ouvrage d'essartage dont on ne connaît ni les débuts ni les premiers habitants.

Que les seigneurs de Landenberg descendent des métayers que l'abbaye de Saint-Gall avait installés à TurbenthaI ne peut être prouvé avec certitude; seuls permettent de le supposer quelques prénoms identiques. C'est en 1209 qu'un certain Beringer de Landenberg est cité pour la première fois. Son apparition pourrait coïncider avec un premier remaniement du château, au cours duquel furent érigés la porte sud-est, un bâtiment de pierre et le mur d'enceinte dans son étendue actuelle. La situation politique de la partie supérieure du Tösstal favorisa la formation d'une vigoureuse lignée seigneuriale. En marge de la zone d'influence des Kybourg, des Toggenbourg, des Rapperswil et de l'abbé de Saint-Gall, il devait être possible à qui saurait agir avec habileté d'acquérir peu à peu une puissance non négligeable. Les Landenberg, apparemment, le comprirent. Quoi qu'il en soit, ils ne tardèrent pas à apparaître comme témoins dans des actes juridiques des comtes de Kybourg et de Rapperswil, ainsi qu'en qualité de vassaux de l'abbé de Saint-Gall. Ils entretinrent en outre d'étroites relations avec les seigneurs de Werdegg et de Bernegg, dans l'Oberland zurichois. Faisant preuve d'une détermination peu commune, ils parvinrent à étendre toujours plus leur sphère de domination et surent de plus mener une adroite politique matrimoniale. Ils se montrèrent également fort avisés lorsque, après l'extinction des Kybourg, ils se tournèrent vers les Habsbourg. Grâce à cette prise de position, il leur fut possible d'obtenir un plus grand nombre de fiefs que n'importe quelle autre famille. Et en même temps, ils virent s'accroître leur importance à la cour autrichienne. Un certain Hermann de Landenberg, mentionné pour la première fois vers 1256 et qui plus tard se nomma l'Ancien, fut promu en 1282 au grade de «secretarius» et de maréchal du futur roi Albert de Habsbourg. C'est à lui qu'Elisabeth de Rapperswil, épouse du comte Rodolphe de Habsbourg-Laufenbourg, donna en 1300 la seigneurie de Greifensee en gage, un gage qui ne fut pas libéré par la suite. Aussi les descendants de Hermann furent-ils nommés «Landenberg-Greifensee».
Pour ce qui est du XIIIe siècle, il n'a pas été possible jusqu'à présent d'établir l'appartenance des nombreux membres de la lignée des Landenberg à différentes branches. Ce n'est qu'en 1298 qu'un chevalier Rodolphe se nomma «von der alten Landenberg». S'il se vit obligé de préciser son patronyme, c'est parce que peu avant avait été érigé sur des essarts éloignés le château de Hohenlandenberg. Cet ouvrage, qui occupait un sommet escarpé plus en aval dans la vallée de la Toss, fut détruit en 1344 déjà. Seuls en sont restés quelques fossés.
Un autre rameau de la lignée des Landenberg adopta en 1328 le nom de son nouveau siège, «Breitenlandenberg». Son château se dressait sur une arête montagneuse au sud-est de Turbenthal. Fortement remanié en 1600 par l'un des descendants des Breitenlandenberg, il fut démoli au début du XIXe siècle. Aujourd'hui, seuls la maison des domestiques et les écuries, la colline du château et quelques restes de murs, le fossé du château et un fossé de gorge rappellent encore le vaste ouvrage d'antan.
Enfin, relevons encore qu'au XIVe siècle, une branche des Landenberg s'installa à Werdegg et qu'elle prit dès ce moment le nom de Landenberg de Werdegg.
Le destin de la famille demeurée à Alt-Landenberg fut accompli quelques années déjà après la première mention formelle de cette lignée. Bailli autrichien de Kybourg, Rodolphe III, accompagné de son fils Pantaléon, participa à la campagne lancée par l'Autriche contre les Confédérés; tous deux tombèrent sur le champ de bataille de Morgarten. En tant que fief affranchi, le château d'Alt-Landenberg retourna alors à l'abbaye de Saint-Gall.
Longtemps encore, des membres de l'une ou l'autre des branches de la célèbre lignée des Landenberg témoignèrent d'un certain attachement pour leur siège ancestral, preuve en soit le nombre de ceux qui un jour ou l'autre en furent propriétaires. Mais comme aucun d'eux ne s'y installa, le château se délabra et tomba en ruine.

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