Château d'Eclépens: Histoire du Château

Les vins

Chateau Eclepens

Au premier abord, le château d'Eclépens est d'un aspect relativement austère. Il est imposant avec ses longues façades, sa tour carrée, sa vaste cour pavée sur laquelle s'ouvrent d'innombrables portes et fenêtres. Et puis, en contournant l'ensemble, on découvre que l'édifice ne manque pas d'un certain charme. Le visiteur apprécie tour à tour l'harmonie des proportions architecturales, un détail charmant gravé dans la pierre, une gracieuse fontaine baroque couverte d'un double escalier grimpant vers un jardin aux fleurs multicolores ... Et aussi la majesté des grands arbres du parc.

L'ancienne cure devint château

Nous parlons ici du principal château d'Eclépens, celui d'En-Haut. Celui d'En-Bas, où il n'y a jamais eu d'encavage, est plus modeste.

Restauré en 1971-1972, il abrite aujourd'hui quatre beaux appartements.
L'austérité du château d'Eclépens se retrouve dans son histoire qui est longue et compliquée.

Eclépens fit partie de la baronnie de La Sarraz jusqu'en 1623. A la suite du partage des biens de Joseph de Gingins, baron de La Sarraz, Eclépens échut à son fils Albert I et forma dès lors une nouvelle seigneurie. Comme les biens de l'église avaient été attribués au baron de La Sarraz lors de la Réforme, le nouveau seigneur fixa sa résidence dans l'ancienne cure qui fut transformée en maison seigneuriale, sous le nom dit Château-Dessus.

On rapporte une amusante anecdote sur Albert de Gingins : ayant acheté une cuirasse à Genève, avant la campagne de Villmergen en 1656, il la fit endosser à son valet et lui tira une balle dans le dos pour éprouver-la résistance du métal. Surpris, l'autre le traita de fou. "Vas toujours, Duveluz, répondit de Gingins, la "pache" est bonne ! " Pourtant, cette cuirasse ne l'empêcha pas d'être grièvement blessé lors d'une reconnaissance de cavalerie...

chateau eclepens
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En effet, le 23 novembre 1807, pour le prix de "157'500 livres de Suisse, vins compris", le château d'En haut était vendu par Charles Henry Alexandre de Gingins à Paul Coulon, de Neuchâtel (1731-1820).

En 1786, enfin, François-L. de Gingins remodela le château, non sans utiliser des parties de l'ancienne demeure, dont la tour carrée au gracieux clocheton, où l'entrée porte toujours la date de 1699. Du reste, à l'entrée du pressoir, on peut lire cette inscription gravée dans la pierre jaune de La Sarraz : "F. L. de Gingins, d'Eclépens. Né le XIII juillet 1698 et mort le ler février 1790. M'a fait bâtir en 1789."
Comme le fit remarquer l'excellent Ric Berger dans l'un de ses ouvrages - et parodiant La Fontaine - "Passe encore de planter, mais bâtir à cet âge !"
Mais le très long règne des de Gingins sur le domaine devait s'achever quelques années plus tard.

Corridors en croix

Les deux châteaux d'Eclépens, qui n'ont plus quitté la famille de Coulon, revinrent successivement - ensemble ou séparément - à Paul Etienne puis, de 1837 à 1856, en indivision à ses quatre fils : Charles (avocat), Alphonse (président du Tribunal de Neuchâtel), Henri Louis (rentier) et Albert (négociant à Londres). Puis Charles et Alphonse prirent la succession en 1856 ; Georges de Coulon, fils de Alphonse, en devint le propriétaire jusqu'à sa mort, en 1916, et les domaines revinrent à ses fils Alphonse et Gustave, lesquels les transmirent à leur neveu Georges, ingénieur physicien, en 1963.

Bâti en robuste pierre de taille calcaire, avec ses entourages de portes et fenêtres en pierre jaune des carrières de La Sarraz, le château d'Eclépens recèle en son intérieur quelques particularités que son propriétaire est heureux de montrer à ses hôtes.

On remarque ainsi, au premier étage, la disposition en croix des corridors - typique du XVIIIe siècle - facilitant l'accès aux nombreuses pièces : c'est que le château en compte vingt-cinq, toutes conservées et meublées avec goût. C'est dans l'une d'entre elles que le poète Pierre Schuler (Pierre Alin, selon le pseudonyme qu'il emprunta aux "Confessions de Rousseau) écrivit ses Chansons Enfantines. L'une d'elles évoque d'ailleurs un vieux mur et des volets bleus : ceux du château. La chambre forte du premier étage, un lit à baldaquin avec poêle en faïence, une cuisine avec très belle cheminée antique, des décorations murales marouflées sont les curiosités les plus marquantes que l'on découvre en visitant la demeure.

Près de la façade est, dans la cour, on remarque deux très vieux platanes : ils ont été plantés ici en 1776 par François-Louis de Gingins. En juillet 1987, à la suite d'un violent orage, une grosse branche de l'un des arbres tomba sur une Volvo parquée qu'elle écrasa. Quand on connaît la robustesse des voitures suédoises, on imagine le poids et la taille de la branche...

chateau eclepens Georges et Maude de Coulon

Georges et Maude de Coulon

Bibliographie

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