Les Grisons :
Château de Ringgenberg

Ringgenberg

Photo Adrian Michael

Au cours du Moyen Age, plusieurs châteaux forts ont été érigés dans la vaste dépression de Truns, une région dont on sait qu'elle était déjà peuplée aux temps préhistoriques. Alors que la citadelle-église de Grepault a vu le jour à l'aube du Moyen Age, les nombreux ouvrages dispersés sur le versant gauche de la vallée, l'adret, remontent, eux, à une époque moins reculée. Dans cette contrée, les ruines les mieux conservées sont celles de Ringgenberg, au-dessus du village de Zignau. Erigé sur une colline allongée, le château est de chaque côté entouré de pentes abruptes. Côté montagne, la colline est de plus séparée du promontoire qui lui fait face par une profonde tranchée naturelle.

Au centre de l'ouvrage, on voit se dresser les imposantes ruines de la tour principale, une construction carrée aux murs de 2,5 mètres d'épaisseur à la base, s'allégeant ensuite à chaque étage. Les retraits ainsi formés servirent d'appuis aux poutres maîtresses des différents paliers. Les fenêtres pourvues de niches-repos, un évier encastré dans le mur et les fragments de poêles découverts dans des décombres lors de travaux de restauration indiquent que la tour fut habitée. L'entrée surélevée se trouve à la hauteur du troisième étage. La galerie aménagée sur la face sud, attestée par une porte et une rangée de trous de boulins, doit avant tout avoir servi au séchage de produits agricoles, parfois peut-être à des fins défensives. On ne sait quelle fut la forme du toit qui couronnait la tour. Nous imaginerions volontiers un toit en pavillon posé sur l'actuel couronnement et débordant sur la galerie.

Ringgenberg
Ringgenberg

Bien conservé, le donjon est entouré d'une enceinte dont le plan dessine un rectangle très allongé. Des restes d'annexes sont visibles dans le secteur nord de l'aire du château, tandis qu'à l'ouest, de faibles traces marquent l'emplacement de l'entrée primitive, qui devait consister en une porte précédée d'une lice.

Les vestiges subsistants, et plus encore les formes des fenêtres et des portes, semblent indiquer que l'ouvrage a été construit vers le milieu du XIIIe siècle. Son nom renvoie aux seigneurs de Ringgenberg, mentionnés dans les textes à partir de 1283. Originaire des bords du lac de Brienz, la lignée seigneuriale des Ringgenberg se divisa en plusieurs branches, qui s'établirent dans différentes régions alpines, notamment dans les cantons d'Un, du Valais et d'Unterwald. En Rhétie, les Ringgenberg furent ministériaux de l'abbé de Disentis et il est établi qu'en 1325, Jean et Antoine de Ringgenberg furent garants de l'abbé. Au XVe siècle, cette lignée joua de plus un rôle prépondérant au sein de la Ligue Grise et de celle de la Maison-Dieu. Lorsque, en 1351, les Confédérés et Zurich conclurent un pacte d'alliance perpétuelle et fixèrent les frontières du territoire dans lequel ils s'engageaient à se prêter mutuellement secours, ils choisirent la forteresse de Ringgenberg comme point limite dans la vallée du Rhin antérieur.

Le château de Ringgenberg semble avoir été abandonné au cours du XVe siècle. Selon un document de 1494, seule la ferme attenante au château était encore exploitée à cette date.

Bibliographie

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